À la bonne heure

N’allez pas croire que le constat en apparence pessimiste de la semaine dernière semaine d’avant m’empêche d’être heureux. Au contraire, cette volontaire prise de conscience de mes limites est bénéfique car elle me réconcilie avec ma vie. La pire façon d’exister serait de se réfugier dans une logique plaintive, estimer ce qui me manque comme indispensable, tout gêcher par orgueil, faire de la frustration le faux moteur. Pas de peut-être, pas de mal-être. Alors certes, un pincée d’amertume de temps en temps est salvatrice, comme une échappée de souffre qui prétend au malheur et par là à la considération de mes pairs et de moi-même, comme une participation douloureuse à la nature écrasante de l’humanité. Mais je ne l’oublie pas, je ne peux pas l’oublier, la vie est à la fête. Avec le peu d’expérience qui est mien, je crois même aujourd’hui tendre lentement vers une sagesse réaliste mais pas résignée, une plénitude, un contentement de soi, du cadre et des autres. Pas de l’orgueil mais une douce estime. Je ne suis pas ce que j’aurais pu être, je n’aurai jamais tenté qu’une infime fraction des expériences possibles, je ne suis que moi même maintenant et ici. Comment pourrais-je un instant le regretter ? La vie est un miracle, l’oublier une tragédie. L’existence est courte et futile, la mettre en scène un travers tentant. Dure serait la chute du masque, marchons plutôt à visage découvert.

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